Chair de Poule, épisode 6 : Isabeau Courdurier

La course maudite

 

Chair de Poule, si vous avez été un ado de la génération Y, c’est une série de bouquins d’horreur pour gamins. On adore, on frissonne, on se fait peur… C’est un peu le concept de notre chronique.
Dans chaque épisode, vous retrouverez un athlète Racer vous racontant la fois où il a eu le plus peur de sa vie en pratiquant son sport !

Après Eliott LapôtreEnak Gavaggio,  Wilfried Delestre, Yannick Granieri  et Louis Reboul c’est au tour de Isabeau Courdurier toujours en vélo de nous parler de sa plus grosse frayeur en compétition…

Je n’ai honnêtement pas énormément d'histoire en vélo où on pourrait parler de chair de poule. Mais j'ai quand même une histoire assez rocambolesque ou j'ai eu la goutte de sueur qui descend le long de la colonne vertébrale. Donc on est quand même dans le sujet.

 

C'était en 2016 aux Deux Alpes sur la fameuse Mountain Of Hell. Pour situer et la faire courte, la MOH c'est une course mythique où 700 fêlés du casque s'élancent du sommet du glacier à 3600m jusqu'à Vénosc 2500m plus bas. Une descente d'environ 30 min qui porte plutôt bien son nom.

 

Le réveil sonne à 4h30 pour un embarquement dans les cabines à 5h du mat, la tête en vrac mais très clairement le stress est jà là. On arrive sur le glacier avec pour le coup une grosse envie de se pisser dessus. C'est à ce moment-là que je me suis dit "Mince mais qu'est-ce que tu fous là". C'est bien l'une des rares fois où j'ai pensé que du haut de mon 1m54 et mes 50 kilos j'allais me faire écraser par les 700 gorilles derrière moi.  Je me retrouve donc sur ma 6e ligne à attendre le part méga angoissée.

 

Pour ceux qui ne connaissent pas cette course, on est sur un part 24h du Mans avec un hélico qui nous survole et TNT de AC/DC à bloc sur les enceintes. Niveau pression on peut dire que l’on atteint des sommets. Coup de sifflet, part...

 

Je n’ai honnêtement pas énormément d'histoire en vélo où on pourrait parler de chair de poule. Mais j'ai quand même une histoire assez rocambolesque ou j'ai eu la goutte de sueur qui descend le long de la colonne vertébrale. Donc on est quand même dans le sujet.

 

C'était en 2016 aux Deux Alpes sur la fameuse Mountain Of Hell. Pour situer et la faire courte, la MOH c'est une course mythique où 700 fêlés du casque s'élancent du sommet du glacier à 3600m jusqu'à Vénosc 2500m plus bas. Une descente d'environ 30 min qui porte plutôt bien son nom.

 

Le réveil sonne à 4h30 pour un embarquement dans les cabines à 5h du mat, la tête en vrac mais très clairement le stress est jà là. On arrive sur le glacier avec pour le coup une grosse envie de se pisser dessus. C'est à ce moment-là que je me suis dit "Mince mais qu'est-ce que tu fous là". C'est bien l'une des rares fois où j'ai pensé que du haut de mon 1m54 et mes 50 kilos j'allais me faire écraser par les 700 gorilles derrière moi.  Je me retrouve donc sur ma 6e ligne à attendre le part méga angoissée.

 

Pour ceux qui ne connaissent pas cette course, on est sur un part 24h du Mans avec un hélico qui nous survole et TNT de AC/DC à bloc sur les enceintes. Niveau pression on peut dire que l’on atteint des sommets. Coup de sifflet, part...

 

 

Je fais le meilleur part de ma vie, je suis dans l'aspi d'un gars et je comprends que l'on va très vite au bruit d'air sur mon casque. Mon GPS le confirmera après coup 104Km/H ; mon max. Dans le dernier mur pour sortir du glacier je suis dans les 30 premiers riders jusqu'à que je vois du coin de l’œil un mec qui boule à bloc et me tape juste le bout du guidon. Résultat tête/pied, soleil, OTB bref j'en prend plein la tête et la neige à haute vitesse ça fait quand même mal. 

 

Je me relève poursuis mon petit train remonte énormément de place jusqu'à revenir à une position correcte. On arrive sur le seul moment de plat de la piste et me pense tirée d'affaire jusqu'à ce que devant moi, deux gars se percutent. Impossible de les éviter en roulant à 30km/h. Tête pied, soleil, OTB, bref j'en reprends plein la tête et le gravier ça fait toujours aussi mal. 

 

Je commence à monter en pression et à gentiment insulter les deux idiots qui se sont rentrés dedans avant de commencer mon entrée dans le chemin piéton de Vénosc. Un chemin piégeux, étroit et très difficile à rouler après jà pas mal de minutes de course. Je me concentre pour finir en un seul morceau. Je fais mon chemin prise dans les embouteillages. J'aperçois d'ailleurs Kilian Bron victime d'une crevaison arrêté sur le bas-côté. Il me dit : ''aller Isa, ne lâche pas’', ce à quoi je réponds : ''je fais ce que je peux''.

 

Pour ceux qui ne connaissent pas cette course, on est sur un part 24h du Mans avec un hélico qui nous survole et TNT de AC/DC à bloc sur les enceintes. Niveau pression on peut dire que l’on atteint des sommets. Coup de sifflet, part...

 

Je fais le meilleur part de ma vie, je suis dans l'aspi d'un gars et je comprends que l'on va très vite au bruit d'air sur mon casque. Mon GPS le confirmera après coup 104Km/H ; mon max. Dans le dernier mur pour sortir du glacier je suis dans les 30 premiers riders jusqu'à que je vois du coin de l’œil un mec qui boule à bloc et me tape juste le bout du guidon. Résultat tête/pied, soleil, OTB bref j'en prend plein la tête et la neige à haute vitesse ça fait quand même mal. 

 

Je me relève poursuis mon petit train remonte énormément de place jusqu'à revenir à une position correcte. On arrive sur le seul moment de plat de la piste et me pense tirée d'affaire jusqu'à ce que devant moi, deux gars se percutent. Impossible de les éviter en roulant à 30km/h. Tête pied, soleil, OTB, bref j'en reprends plein la tête et le gravier ça fait toujours aussi mal. 

 

Je commence à monter en pression et à gentiment insulter les deux idiots qui se sont rentrés dedans avant de commencer mon entrée dans le chemin piéton de Vénosc. Un chemin piégeux, étroit et très difficile à rouler après jà pas mal de minutes de course. Je me concentre pour finir en un seul morceau. Je fais mon chemin prise dans les embouteillages. J'aperçois d'ailleurs Kilian Bron victime d'une crevaison arrêté sur le bas-côté. Il me dit : ''aller Isa, ne lâche pas’', ce à quoi je réponds : ''je fais ce que je peux''.

 

Et puis là c'est le drame ! Ou plutôt l'impact ! L'impact d’un mec qui devait bien faire deux fois mon poids et qui a eu la brillante idée de couper l'un des virages sans calculer la marche d'environ 1m50 qu'il y avait derrière. Résultat il m'atterri directement dessus. Pour le coup j'aurai pu me pisser dessus de peur parce que c'était violent comme choc. Au lieu de ça, je l’ai insulté et ai récupéré mon fidèle destrier avant de me rendre compte que la roue avant avait explosée sous l'impact. Du coup tête pied, soleil, OTB, bref j'ai mal à la gueule, et un gars de 90 kilos à la louche qui te tombe dessus, ben bordel ça ne fait pas du bien.

 

On a ensuite avec Kilian porté nos vélos jusqu'à l'appart, on s'est ouvert une bière et on a levé nos verres parce que nous pouvions encore le faire. Si ce mec n'était pas tombé sur ma roue mais sur mon dos, j’aurais surement eu beaucoup plus mal.