Chair de Poule, épisode 3 : Wilfried Delestre.

La mort au tournant.

 

Chair de Poule, si vous avez été un ado de la génération Y, c’est une série de bouquins d’horreur pour gamins. On adore, on frissonne, on se fait peur… C’est un peu le concept de notre chronique.
Chaque semaine, un athlète Racer vous raconte la fois ou il a eu le plus peur de sa vie en pratiquant son sport !
Après Eliott Lapôtre en vélo, et Enak Gavaggio en ski, c'est au tour de Wilfried Delestre de nous parler de ses terreurs à moto...

Moi mon chair de poule ? J'en ai eu plusieurs... en motocross ou flattrack. Et c'est vrai que des frayeurs j'ai pu m'en faire quelques unes. Mais la dernière en date elle est en flat.

Janvier 2017, pour des tests de suspensions en début de saison. Reprise tranquilou. une bonne journée à régler les nouvelles suspensions. La journée se passe bien, du coup on se dit "allez, une petite dernière session", histoire d'essayer de mettre un peu de rythme ! 
Du coup, dernière session, les derniers tours... Et là, grosse erreur. Gros highside et je me retrouve propulsé sur les planches autour de la piste de flat. Gros K.O, quelques flashs où je vois tout le monde autour de moi. Je vois les pompiers arriver... Mais tout ça s'est vraiment déroulé en une fraction de seconde dans ma tête.

Gros coup de flip.

Je n'avais plus aucune sensibilité au niveau de ma jambe gauche, en dessous du genou. Je ne pouvais plus contracter aucun muscle à ce niveau là.

Donc direction l'hôpital de Mâcon pour une panoplie de tests (IRMs, radios, scanners...) et surtout beaucoup, beaucoup de siestes.

J'ai vraiment l'impression de n'être resté qu'une seule journée, mais en réalité j'ai passé 3 jours à l'hosto. J'étais vraiment, mais alors vraiment K.O et toute l'adrénaline sécrétée sur le moment m'a pris toute mon énergie.

Donc retour vers chez moi, sur Angers pour des heures et des heures de kiné. Le but étant de retrouver la mobilité de ma jambe en dessous du genou, les tests n'ayant rien donné. Et voilà, trois semaines plus tard j'étais de retour sur la moto pour une démo de flat au salon du 2 Roues à Lyon.

Donc au final, oui, une grosse frayeur. Celle-ci m'a permis de focaliser au max sur tout ce qui se passe sur la moto et en dehors. Que ce soit physiquement ou mentalement. Ca m'a vraiment fait réfléchir, et depuis mon pilotage n'est plus le même.

Quand je sens que je peux mettre du gaz, je mets du gaz, et quand je sens que c'est un peu moins bien, j'en garde sous le pied pour ne plus faire de bêtises.

Photo : Thaïs Rivière